Cadres : une espèce protégée de la crise économique ?

Cadres : une espèce protégée de la crise économique ?
Economie

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La crise économique que nous traversons aura vu toute sorte d’analyses au fur et à mesure de son évolution. Quelques mois après le début de la crise, il semblait que les cadres étaient “peu touchés” (1), alors que les études faisaient état de 400.000 emplois détruits en France entre début 2008 et mi-2009 ensuite (2).

Selon l’INSEE, il faudra en définitive “du temps” pour mesurer précisément l’ensemble des conséquences de la crise. Le redémarrage de l’emploi est effet “retardé par rapport à celui de l’activité”, et les perspectives à court terme pour le chômage “restent mauvaises”. On constate aussi que les personnes déclarant des découverts bancaires “très fréquents” ou des difficultés à boucler leur budget “sont plus nombreuses qu’en début d’année 2009″ (2).

Aujourd’hui, la tendance n’est pas à l’optimisme chez les cadres (3). Pour un cadre sur deux, l’essentiel de la crise est à venir, selon le sondage réalisé par Viavoice pour HEC, «Réussir», France Inter et France 24. Cependant, la ministre de l’économie Christine Lagarde a annoncé hier une “stabilisation” du front de l’emploi, grâce notamment à la reprise de l’intérim, solution qui était alors fragilisée par la crise (4). L’économie française reste cependant déficitaire en création d’emploi, puisque même si les écarts ont diminué, le nombre d’emplois détruits restent supérieur à celui des emplois créés en France. L’Etat se veut d’ailleurs optimiste, puisque précédemment, c’est Patrick Devedjian, le ministre de la Relance, qui déclarait au début du mois de Novembre  que «25,2 milliards d’euros ont été injectés dans l’économie, soit 75% du plan avant l’échéance». Cette somme aurait permis de «créer ou de sauvegarder 400.000 emplois, dont un peu plus de 250.000 sur la seule année 2009» (5).

Alors, triomphalisme gouvernemental avant la sortie de la crise ? La réponse, c’est à vous de la donner.

Elle pourrait être affirmative si on se réfère aux manques d’optimisme dans le G20 Finances, qui s’est déroulé à Saint-Andrews en Ecosse les 6-7 Novembre 2009, pendant lequel les perspectives de sorties de crise n’ont pas été clairement abordées: “la reprise est incertaine et reste dépendante des politiques de soutien” (6)…

Alors, faudra-t’il s’appuyer donc sur les initiatives collectives (se basant sur l’énergie humaine) pour compléter les initiatives de l’Etat (à coups de milliards) en terme de politiques de soutien ? L’Economie Sociale et Solidaire (ESS) prend l’initiative d’établir 50 proposition pour changer de Cap (7), en s’appuyant sur les propositions de ses membres. A quand le passage des propositions à l’action ? Surtout lorsque l’on évalue le poids que constitue l’économie sociale (près de 10% de l’emploi salarié national hors agriculture et 8% des salaires, Source INSEE).

Réagissez ! Et renseignez-vous auprès de Alternative Seniors France pour évaluer ce qui pourrait être fait dès maintenant en terme d’action !

Pour aller plus loin :

(1) Crise et recrutement (1) : les cadres peu touchés (L’Usine Nouvelle, 20/10/2008)

(2) Près de 400.000 emplois détruits en France entre début 2008 et mi-2009, selon l’INSEE (Le Nouvel Obs, 13/11/2009)

(3) Les cadres divisés sur la crise (Le Figaro, 02/11/2009)

(4) Un pas vers la reprise ? (Vosges Matin, 14/11/2009)

(5) «400.000 emplois sauvegardés ou créés», selon Devedjian (Libération, 03/11/2009)

(6) G20 Finances : Pas d’engagement à Saint-Andrews (Innovation le Journal, 09/11/2009)

(7) 50 propositions pour changer de cap (L’Economie Sociale et Solidaire)